Ekino's Universe

Sept mois sans nouvel épisode de Doctor Who, ce fut long. Mais, enfin, The Waters of Mars a débarqué le 15 novembre. Cet épisode semblait prometteur, et je n'en suis absolument pas déçu. Après le très moyen Planet of the Dead en avril dernier, quel plaisir de voir quelque chose d'aussi bon. En guise de petite aperçu, voici le trailer de TWoM :

Les événements se déroulent donc sur la planète Mars, où le Docteur débarque dans son fidèle TARDIS et se balade vêtu de sa combinaison spatiale tout droit sortie de The Satan Pit (tiens, il a réparé le casque). Il arrive en vue d'une base martienne, Bowie Base One, et se fait arrêter par un petit robot nommé Gadget. Le pré-générique n'est pas des plus accrocheurs, mais bon, il a le mérite de nous montrer de jolis paysages martiens. J'espère surtout que l'objectif n'était pas de faire un effet "oh mon dieu, le Docteur est en danger", car en dehors du fait qu'il tient une arme, Gadget n'a pas le moins du monde l'air menaçant.

Le Docteur est conduit à l'intérieur de la base, où il rencontre une poignée d'humains : Adelaide Brooke et son équipe composée de gens venus de divers pays, les premiers colons de la planète Mars. Petite remarque au passage, Adelaide est généralement considérée comme étant la compagne du Doc dans cet épisode, mais personnellement, je ne la ressens pas de cette façon. Enfin bref, la notion de compagnon dans la série est de toute façon sujette à débat, et ce n'est pas le sujet de cet article. Toujours est-il que les colons n'ont pas besoin de se présenter, car une fois qu'il sait qu'il a affaire aux premiers humains sur Mars, le Docteur trouve toutes les informations les concernant dans sa mémoire. Il les nomme alors un par un, et on a la vision d'un article sur chacun d'eux, avec à chaque fois un zoom sur la date de leur mort. Cette répétition devient vite très lourde, mais le fait que le Docteur voie ces articles dans sa tête aura sa petite importance.


Arrive ensuite le point principal de l'épisode : le Docteur apprend que la date du jour est le 21 novembre 2059 (et ce qui est marrant, c'est que sans en être conscient, j'ai regardé cet épisode le 21 novembre, soit tout juste 50 ans avant les événements montrés). Le problème, c'est qu'il sait que c'est à cette date qu'Adelaide et son équipe meurent sur Mars dans l'explosion de la base, et comme ces événements sont un point fixe dans le temps, il n'a pas le droit d'intervenir, cela irait à l'encontre des Lois du Temps. Ce que je trouve particulièrement intéressant, c'est que pour une fois, ce genre de problème n'est pas en rapport avec notre époque. D'habitude, il s'agit généralement de ne pas modifier ce qui est pour nous le passé pour ne pas influer sur notre présent, mais cette fois-ci, il est question de ne pas intervenir dans ce qui est notre futur pour ne pas altérer le futur encore plus lointain, et ce changement est vraiment le bienvenu.

Notre cher Docteur veut donc s'en aller au plus vite et laisser les choses se dérouler tel qu'elles sont censées le faire. Mais, manque de bol, ce n'est pas aussi simple. Car il y a évidemment le second point du scénario. Deux membres de l'équipe, Andy et Maggie, ont été contaminés  dans le biodôme de la base par une espèce de virus que le Docteur nommera le Flood. Et comme l'infection a commencé après l'arrivée du Docteur, Adelaide pense qu'il peut y être pour quelque chose et refuse donc de le laisser repartir en confisquant sa combinaison spatiale. Au passage, le Doc dit qu'il n'aime pas les robots, mais que les robots-chiens c'est différent, en référence sympa à K-9. Le Flood vit dans l'eau et c'est par cette voie qu'il infecte les humains, prenant possession de leur corps et les utilisant pour se propager. D'ailleurs, la tête des infectés a parfois plus tendance à me faire rire qu'à me faire peur.



Le virus était en fait emprisonné dans la glace (j'apprécie d'ailleurs la référence aux Ice Warriors que fait le Docteur, il fallait bien parler d'eux vu qu'ils vivent normalement sur Mars) et c'est cette glace que l'équipe d'Adelaide utilise pour avoir de l'eau. L'eau était bien sûr filtrée, ainsi ils n'ont jamais été contaminés par le Flood, mais on apprend par la suite que le filtre s'est cassé la veille, déclenchant ainsi la contamination. Une simple goutte suffit pour être infecté. Adelaide ordonne l'évacuation de la base et autorise le Docteur à repartir.

Entretemps, on en apprend davantage sur Adelaide et sur la raison pour laquelle le cours des choses ne doit pas être changé. Elle était enfant lors des événements de The Stolen Earth. Elle a vu un Dalek, qui l'a regardée puis est parti sans l'attaquer. C'est ce qui a donné envie à Adelaide d'explorer l'espace, et plus tard, en mémoire de sa tragique mort sur Mars, ses descendants vont suivre la même voie et emmener l'humanité toujours plus loin dans l'espace. C'est quelque chose de bien trop important pour être changé par la survie d'Adelaide. Et je trouve vraiment fort que même le Dalek ne l'ait pas tuée pour ne pas changer l'avenir. Cette séquence avec le Dalek est magique pour moi ; un Dalek qui épargne quelqu'un de cette façon, c'est quand même quelque chose.


Voilà pourquoi le Docteur doit s'en aller en laissant les autres mourir. Mais on voit bien qu'il n'en a pas envie, il reste là un moment, un très long moment, à les regarder s'agiter en préparant leur évacuation qui n'aura pas lieu. On ressent très bien qu'il ne veut pas les laisser, c'est un moment fort, ce n'est pas du tout son genre d'abandonner les gens à une mort certaine, mais les Lois du Temps l'y obligent. Alors il s'éloigne, retourne vers son TARDIS, pendant qu'Adelaide et son équipe sont attaqués par les infectés. Steffi, l'Allemande, est séparée du reste du groupe et se fait contaminer, choisissant de passer ses derniers instants devant une vidéo de ses deux filles. Roman, le jeune opérateur de Gadget, reçoit une goutte d'eau, une seule, et dit donc aux autres de partir sans lui. Ed, le second, parti préparer la fusée pour repartir sur Terre, est attaqué par Maggie et est donc contraint de faire sauter la navette.

Autant de moments touchants qui font que le Docteur remet en cause  son obéissance aux Lois du Temps, et c'est là un moment absolument terrible. On assiste à une véritable conversation intérieure, où il se dit que les Time Lords sont morts, qu'il est le seul à présent et qu'il n'a donc plus à obéir à leur règles. Les Lois du Temps sont à lui et il peut en faire ce qu'il en veut. On a l'impression de retrouver le Docteur que l'on connait, mais il est en fait à ce moment-là complètement paradoxal. Fidèle à lui-même dans le sens où il ne peut pas se résigner à laisser des gens mourir, mais complètement différent parce qu'il casse  complètement les lois auxquelles il avait toujours — plus ou moins — obéi. Ça marque un véritable tournant dans son comportement et c'en est presque effrayant : si le Docteur commence à faire n'importe quoi, jusqu'où serait-il capable d'aller ?


Il retourne donc aider les autres, mentionnant au passage la prophétie annonçant sa mort (le fameux "He will knock four times" de Planet of the Dead) juste avant que l'un des infectés — Andy, celui qui avait déjà une tête comique avant d'être contaminé — frappe trois fois à la porte. Le Docteur ne lui laisse pas le temps de frapper une quatrième fois ; sa mort n'est pas pour cette fois. Il envoie Gadget chercher le TARDIS (et c'est marrant de voir le petit robot aux commandes) alors qu'Adelaide active l'autodestruction de la base. Le Docteur, Adelaide et les deux autre survivants, Mia et Yuri, s'échappent à bord du TARDIS juste avant l'explosion, avec au passage une jolie vue sur Mars depuis l'espace.

Retour sur Terre, toujours le 21 novembre 2059. Mia se sauve, effrayée par le TARDIS et le Docteur, et Yuri la suit. Adelaide réalise que le Docteur risque d'avoir changé le futur en la sauvant et dit que personne ne devrait avoir autant de pouvoir. Et sur cette fin d'épisode, je suis complètement d'accord avec elle, avec la façon dont elle le regarde et lui parle. Le Docteur n'est plus lui-même, il s'est attribué beaucoup trop de libertés, il en devient effrayant. À ce moment-là, il n'a plus rien d'un héros, il est plein d'arrogance et se prend pour un dieu. On en viendrait même à le détester, mais la suite de la scène arrive.


Avant d'entrer chez elle, Adelaide sort son arme et on a l'impression qu'elle va tirer sur le Docteur, mais en fait elle rentre et se suicide pour annuler les effets que sa survie aurait pu avoir sur le futur. On a alors de nouvelles visions d'articles concernant Adelaide, Mia et Yuri, mais là où je leur trouve une importance, c'est que ce ne sont pas de vulgaires souvenirs du Docteur ; il prend conscience en temps réel des changements qu'il a apportés à l'histoire, il voit ces changements, et il comprend qu'il a été trop loin. Il a alors la vision d'Ood Sigma, celui-là même qui lui avait annoncé sa mort future ("I think your song must end soon" dans Planet of the Ood), et il se demande alors si l'heure est venue, si sa mort est le prix à payer pour ses actions.

Il rentre dans son TARDIS et la cloche du cloitre se fait entendre. Cette fameuse cloche que l'on n'a entendue que rarement dans la série mais qui est toujours signe d'un désastre imminent. Ceci couplé au "Non !" alors prononcé par le Docteur a de quoi donner des frissons. En effet, que va-t-il se passer ? Que compte-t-il faire ? Va-t-il continuer à défier les Lois du Temps et à sombrer dans un côté sombre et terrifiant pour échapper à sa mort annoncée ? Brrr...


Cet épisode est vraiment l'un des meilleurs par ce qu'il nous fait ressentir, par le tournant que prend le comportement du Docteur qui nous amène à ne plus avoir confiance en lui. Ils ont fait un boulot du tonnerre et au final ça valait vraiment le coup d'avoir à attendre aussi longtemps. Heureusement quand même que les deux derniers épisodes avec David Tennant dans le rôle du Docteur arrivent bientôt. J'ai vraiment hâte de voir ça, alors vivement Noël, et vive Doctor Who !
Mar 24 nov 2009 Aucun commentaire